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La Trading Connection
Publié par Martin_Fabre le 22/2/2008 (1869 lus)
Trading Connexion
win trading

Un club fermé

Puisque chacun postule pour entrer dans le club très fermé des gagnants, la première chose à faire est de réfléchir à ce que chacun de nous représente dans le milieu boursier. Individuellement nous n'avons aucun poids. Se dire qu’on ne réussira pas spontanément là où tant d’autres ont déjà échoué, est la première mesure de sauvegarde, à condition de s’en souvenir à chaque fois qu’une opération est envisagée.

Et quand je parle de sauvegarde, je parle de la sauvegarde du capital. Car sans argent, le trader n’est rien. Et s’il perd cet argent en quelques semaines ou quelques mois, il se sera privé, à une vitesse folle, de son outil de travail d’artisan-investisseur. L’argent est un outil, sa valorisation est son objectif. Entre les deux il y a la technique à utliser. C’est très difficile de développer une technique sur laquelle se reposer; le marché ne se laisse pas séduire facilement.

Le marché boursier est sans doute l’un des univers économiques les plus complexes ; il est mondial, doté d'outils de transmission ultra-rapides avec lesquels les échanges se font en un instant. Chaque jour, chaque nuit, des milliards d’euros, de dollars, etc... sont échangés entre ceux qui vendent et ceux qui achètent, chacun pensant réaliser une bonne opération ou se libérer d’un engagement déjà compromis.

Les interrogations ne manquent pas et elles doivent être formulées. Ignorées, elles sont déjà le début d’une fin tragique. Comment allons-nous pouvoir tirer avantage de cet immense manne monétaire qui ne profite qu’à quelques uns.
La solution est simple : évitons de croire qu’on sera plus malin que les autres, qu’on sera capable de réussir spontanément sans travailler, sans apprendre.
Investir en bourse se présente d’abord comme un travail. Si on envisage cette activité comme un loisir, c’est déjà perdu.

Globalement, ceux qui perdent sont assez bien identifiés. Il s'agit de profanes qui pensent avoir trouver là un moyen rapide de gagner beaucoup d'argent. C'est une grossière erreur bien entendu, puisqu'il suffit de se dire une seule fois que si tel était le cas, tous nos aînés seraient déjà milliardaires.
Peut-on vivre du trading ? C’est une question qui revient souvent. Certains affirment que oui, et c’est vrai, à condition d’être riche d’expérience et de capitaux ! Pour vivre du trading il faut des capitaux importants et une technique plus qu’éprouvée, et ceci concerne un petit nombre d’individus. Votre questionnement légitime est alors : dois-je renoncer ? Dans quel camp puis-je me situer ? Comment puis-je, malgré tout, opérer si je ne dispose que de l’épargne familiale ?

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Une arithmétique simple

Pour obtenir un revenu net disponible d’environ 2 300 euros par mois, ce qui n’est pas un revenu élevé, il faut disposer d’un capital d’environ 84 000 euros et être capable de le rémunérer à 5% chaque mois, soit, 60% brut par an, ce qui est une performance assez peu répandue. Sur les 4 200 euros bruts mensuels pris au marché, il faut enlever les frais de courtage qui sont de 25% environ quand ils sont adaptés au mode de trading, ce qui laisse 3 150 euros nets de frais, mais sur lesquels il faudra encore acquitter 29% d’impôt sur les plus-values. Au bas de l’addition il reste 2 250 euros.

Vivre du trading est beaucoup plus difficile qu’on le croit. On peut toujours adapter ces chiffres en faisant varier les frais de courtage et en cherchant une meilleure solution fiscale, mais au bout du compte, on aboutira à un rendement médiocre compte tenu de la prise de risque. Ceci concerne la presque totalité des traders individuels qui officient dans le salon de leur maison.

C'est aussi un marché où il n' y a pas de valeur ajoutée directe, où l'argent ne fait que passer de main en main, où celui qui perd donne son argent à celui qui gagne. Pour autant, ce n'est pas une partie de cartes puisque les décisions sont, à la fois la conséquence d'actes économiques collectifs, et de décisions individuelles.

De plus, l’abondance d’informations circulantes dépasse une masse critique ; elle est telle qu’elle en devient illisible, chacun donnant sa version, son analyse, sa vision, voire sa « recette ». Le trader en herbe est démuni devant cette inflation de données et le trader averti, fort de son expérience, n’en utilise plus qu’une infime partie. Ceci ne veut pas dire que l’information qui circule est de mauvaise qualité, au contraire, je la trouve plutôt réfléchie (sauf celle qui circule sur les forums, dont il faut se méfier autant qu’on se méfie d’un germe pathogène), mais elle si abondante qu’on s’y perd.

Comment trouver sa place au milieu de cet ensemble, parmi ceux qui risquent quelques milliers d’euros et ceux qui déplacent chaque jour des centaines de millions de dollars ?
Qui sommes-nous, individuellement, par rapport à une organisation qui ne modifiera en rien ses règles pour nous accueillir ? Comment réussir une intégration profitable? Fait-on partie de ceux qui sont frénétiques, de ceux qui sont patients ? Peut-on faire confiance aux professionnels qui travaillent sur les marchés boursiers ? Est-on capable, seul, de tirer son épingle du jeu ? Disposons-nous de connaissances suffisantes pour ne pas risquer l’épargne du ménage ?

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L'esprit du placement

Il faut définitivement éliminer la notion de jeu ou de revenu de substitution au profit de la notion de « placement ». Aborder le trading sous cet angle modifie le comportement du trader et le place dans l’axe du raisonnable, donc avec de meilleures chances de succès.

Les placements sont de plusieurs natures il y a ceux qu'offrent les institutionnels avec un rendement qui va de « moyen l’an à médiocre l'an » -et la palette est large- il y a le marché immobilier locatif et... les placements boursiers.
La différence entre le placement boursier « auto-géré » et les autres, et ce qui en fait son danger, c’est que les autres sont extérieurs à notre quotidien tandis que celui-ci est rentré dans la maison via l’informatique et l’Internet.

La chose est d’importance puisque, si autrefois on on allait consulter un spécialiste ou en tout cas « un statutairement compétent », maintenant on « est » soi-même ce spécialiste, ou en tout cas on s’en prévaut.
Le sommes-nous vraiment ? Non, mais on peut le devenir. On sait bien qu’il faut avoir une approche prudente, c’est écrit partout. Mais on est vite happé par l’envie, par l’immédiat, par ce clic qu’on devrait retenir encore mais qu’on a tellement envie de faire quand-même. Alors on se risque et c’est fait, le danger vient de pénétrer la douceur du foyer.

Il suffit de gagner une première fois pour se dire qu’au fond, on en fait tout une histoire, mais que ce n’est pas si compliqué, la preuve. Il suffit de perdre une première fois pour immédiatement vouloir une revanche.
C’est fait, le doigt est dans l’engrenage d’une machine qui ne s’arrêtera de tourner que faute de ressources.

Le trading est avant tout une affaire de comportement, inhérente à cette activité devenue populaire. C’est un préalable auquel on ne peut échapper, mais ce n’est pas parce qu’on l’a respecté qu’on est devenu pour autant un trader averti.
La prise en compte de ce préalable n’est qu’une partie du chemin.
Lorsque l’on confie ses intérêts à l’extérieur, on sait, sans même se poser la question, que la rentabilité ne sera ni immédiate, ni colossale. Si on achète de l’immobilier locatif, on accepte de payer l’impôt foncier, les charges ommunes, de prendre le risque d’impayé, de dégradations etc... Si on place un capital en assurance-vie/capitalisation (c’est de la gestion boursière), on sait qu’il sera gelé pour plusieurs années, que l’intermédiaire prélèvera ses marges et que son rendement pourra être moyen.

Pourquoi alors attendre du marché boursier qu’il soit rentable sans délai, qu’il soit productif tout le temps, et qu’il n’ait pas de coûts induits ?

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Défendre son capital

La priorité parmi toutes les priorités, est la préservation du capital. Il faut, coûte que coûte, éviter qu’il ne s’effrite, voire ne disparaisse. Ensuite seulement, vient la possibilité de le valoriser.

Il n’ y a pas d’issue favorable pour qui ne protège pas son capital. Apprendre à ne pas perdre est la première condition à remplir pour gagner.

L’auto-gestion boursière de ses avoirs doit fonctionner selon des principes, strictement respectés, que ceux qui motivent le placement de son argent. Or, on constate le contraire. Par manque de méthode, de rigueur, par cupidité, par bêtise à cause de la possibilité de la prise en compte immédiate d’une décision par le marché, on ignore tout ce à quoi on réfléchirait longuement s’il s’agissait d’un autre type d’investissement.

Voilà l’erreur fondamentale, celle qui mène à la ruine. On n’a pas eu le regard d’un placement de capitaux, mais celui d’une partie de poker-menteur remplie d’émotions qui n’ont rien à faire là.
Si je dispose de quelques milliers d’euros, une chose est certaine, je n’ai pas le droit de les perdre parce qu’ils sont ce que mes aînés m’ont légué après une vie, ou parce qu’ils sont ce que ma propre vie de travail a pu conserver. On doit s’interdire de dilapider ce capital, par respect, non pas pour l’argent, mais pour ce qu’il contient d’histoire.

Lorsque l'approche choisie est une gestion boursière autonome de son argent, il faut observer et comprendre ce qui va se passer et accepter quelques principes de base, comme le risque et la perte, qui sont inhérents à cette activité.

Le risque parce que c’est une règle commune; plus le rendement s’élève plus le taux de risque s’élève aussi. La perte parce qu’en gestion boursière active, on ne saurait gagner tout le temps.

Dans la gestion autonome de ses avoirs, le trader est livré à lui-même, exposé à tous les dangers, et il n’aura de comptes à rendre qu’à lui-même.

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